Quelles solutions à la « galère » des devoirs ?

Collège

Chez nous un seul mot résume les devoirs : la galère ! Chaque soir c’est la même histoire, quand je rentre du travail ma fille Justine, 10 ans, qui vient d’entrer en 6eme n’a pas commencé ses devoirs pour le lendemain… Si je n’étais pas là, j’ai l’impression qu’elle ne les ferait tout simplement pas. Et lorsque mon mari rentre, une heure plus tard, c’est le conflit familial assuré…

Comment pouvons nous faire ?

 

En 6e, votre enfant est en principe responsable de son travail et donc de ses devoirs. Bien sûr, il peut avoir besoin d’un adulte disponible près de lui pour éventuellement répondre à ses questions mais c’est lui qui « gère »…

En 6e, les devoirs ne doivent pas prendre plus d’une heure chaque soir.

Votre fille doit pouvoir s’avancer le mercredi ou lors de ses heures de permanence au collège : le principe c’est que cela n’empiète pas sur le temps de repos et de loisirs du weekend.

Pour les experts la solution tient en deux points :

– changer d’attitude pour les parents

– envisager une nouvelle organisation

 

Marcel Rufo rappelle simplement que « le début de la 6e marque la fin de la scolarité des parents ». « Votre fille est en 6e et je crois que c’est le moment pour vous, ses parents, d’arrêter de la persécuter comme vous le faites – même si je le comprends – (…) C’est un grand changement pour votre fille : elle va avoir des amis, plusieurs profs, et alors, qu’est ce que vous allez faire ? Vous relayer pour les matières ? Son père pour les maths, vous pour la SVT, lui pour la physique, vous pour l’anglais… Quel enfer !  »

 

L’entrée au collège c’est aussi l’apprentissage de l’autonomie. Donc les parents définissent un cadre, arrêtent des règles, aménagent l’espace et l’emploi du temps mais, ensuite, faites lui confiance !

 

Elle étudie pour elle et pas pour vous. « Si, dans son esprit, avoir de bonnes notes n’est destiné qu’à vous faire plaisir, à l’adolescence, cela risque, un jour, de mal tourner : continuer à réussir symbolisera rester dans le giron de maman tandis que se mettre en échec le meilleur moyen de couper le cordon avec elle… » expliquent Christine Brunet et Anne-Cécile Sarfati.

 

Pour que votre fille s’y mette :

  • Réfléchissez : « peut être existe t-il un trop grand contrôle de votre côté (…) Vos attentes sont peut-être trop élevées, vos exigences excessives… Ou bien, à l’inverse, votre enfant ressent votre manque d’intérêt pour les études (…) Inconsciemment, il pense vous faire plaisir ou, au contraire, vous faire du mal en ne se prenant pas en charge » 1 Peut être que l’espace dans lequel elle travaille n’est pas adapté (pas assez calme…)
  • Etablissez des règles : est-elle plutôt du matin ou plutôt du soir ? Quel sera le meilleur moment pour les devoirs ? On peut apprendre une poésie allongée dans le canapé mais, pour écrire, il faut être assis à son bureau… Une fois ces règles établies soyez fermes.
  • changez le cadre : embauchez un étudiant, demandez à une grand mère d’être présente au moment des devoirs…

 

Enfin, n’excluez pas de l’accompagner chez un psychothérapeute si la situation ne s’améliore pas. Un conflit insoluble et permanent à propos des devoirs peut cacher autre chose.

 

 

1 Christine Brunet et Anne Cécile Sarfati, Petits tracas et gros soucis, page 188

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